Quand la technologie fait peur

Dans une présentation sur le besoin de rendre “humains” nos ordinateurs, Christopher Fahey parle de “The Uncanny Valley” une courbe prévisionnelle d’acceptation des robots dans la société. La courbe se découpe en 3 phases : mode, puis rejet et peur puis un nouveau boum une fois la technologie arrivée à maturité. Le concept est très intéressant et peut être étendu aux nouvelles technologies en général. Voyons les peurs qui entourent aujourd’hui le monde de l’informatique et d’internet.

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1- Facebook, Google et la fin de la vie privé

Kelvin en pleine "urgence familiale"

Le problème de la vie privé fait couler beaucoup d’encre. Les gros acteurs du marché comme Facebook et Google semblent peu intéressés par ce problème et accumulent les scandales (Kelvin Colvin viré à cause d’une photo Facebookdivorce à cause de Google Street View, etc…). Google l’assume même complètement et annonce la mort de la vie privé.

Ces abus ont l’avantage de nous rappeler le prix de la vie privé et il me semble que les internautes apprennent peu à peu à ne pas diffuser tout et n’importe quoi. Certains annoncent même que dans le futur, les profils de ces réseaux sociaux ne seront plus que des avatars, ce qui remettrait complètement en cause le modèle basé sur des pubs ciblées et pertinentes. Il est d’ailleurs intéressant de voir les commentaires rassurants de Facebook accompagnant la sortie de Places son service de géolocalisation d’amis.

Le problème va être la course entre la responsabilisation des internautes sur leurs pratiques et les avancées technologiques qui vont permettre de nous fliquer de plus en plus facilement (reconnaissance faciale, recoupement entre les réseaux sociaux…). D’un autre côté, ces plateformes n’ont aucun intérêt à faire fuir leurs utilisateurs, le pouvoir reste donc entre nos mains.

2- Les virus et la cyber guerre

La cyber guerre est un sujet que l’on va retrouver de plus en plus dans les films d’actions de la prochaine décennie. Le grand méchant c’est la chine ou des groupes terroristes. Le risque c’est la fin du “monde libre” et le chaos total. Je ne remet pas en cause ce danger potentiel, mais il me semble qu’il est trop souvent utilisé pour instrumentaliser la peur et manipuler les masses. Les marchands d’anti-virus en font leurs fonds de commerce et les journaux boost leurs ventes avec Stuxnet en annonçant le début d’une cyber- guerre mondiale de façon quelque peu prématurée. Les dangers réels sont sûrement bien plus cachés que ce qu’on nous expose.

3- Invasion du virtuel

Le dernier problème est peut être le plus insidieux car il s’installe au fur et à mesure sans qu’on ait vraiment réfléchi aux conséquences : la fuite vers le monde virtuel. En effet, les gens passent de plus en plus de temps connectés sur internet grâce à leurs smartphones et le problème va s’accentuer avec la multiplication des devices connectés (frigidaires intelligents, caisses automatiques, bracelet-téléphone, etc…). Tout est fait pour inciter les interactions virtuelles, au détriment des interactions dans le monde réel. Se dirige-t-on vers un monde à la Matrix ou à la Prometehus ?

Windows joue d’ailleurs bien avec cette crainte dans ses dernières publicités pour Windows phone 7 où il vante un téléphone qui permet de … revenir dans le monde réel. Gonflé mais efficace.

Une famille unie par les liens de Microsoft

Au final, tout n’est peut être pas si noir. En tant qu’utilisateur, il ne tient qu’à nous d’orienter ces sujets dans le bon sens. Le plus dur est de ne pas se faire embarquer par des “normes sociales” et le le bling-bling du marketing sans réfléchir à nos réelles envies.




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5 Commentaires

  1. Kevin dit :

    Quel est le problème des interactions virtuelles? Pourquoi seraient elle forcément moins bien que des interactions réelles?

  2. Kevin dit :

    Pas si sûr… N’est ce pas déjà difficile par voies “naturels” dans les pays développés (alimentation, pollution etc…) ? L’infertilité est de plus en plus courante !

  3. C’est sûr que l’avantage de vivre dans la réalité et pas dans un monde virtuel que ce soit sous drogue ou dans un logiciel se pose. Pourquoi souffrir dans la réalité quand on peut avoir une vie rêvée idéale ? La pilule bleu ou la rouge ?

    Perso, je trouve que le côté beau et surprenant de la vie mérite bien les contre-parties et je trouverais dommage de me retrouver dans un monde limité par l’imagination d’une bande de développeurs.

    Après, ce n’est certainement pas moi qui vais décider de ce qui va arriver, mais il faudrait quand même qu’on se pose la question sérieusement, parce qu’on n’a pas 100 ans avant d’y arriver technologiquement.

  4. Kevin dit :

    La vie est belle et surprenante, mais le virtuel peut offrir des choses encore plus belles et surprenantes (on peut imaginer qu’à la date de “Prométhéus”, on puisse être technologiquement capable de rendre compte d’une expérience sensorielle d’au moins aussi bonne qualité que le réel).
    “une bande de développeur”? Hééé ! C’est toi le spécialiste des IHM, cette bande de développeur ne sera là que pour fournir les outils d’interaction permettant à tous de créer le(s) monde(s). L’imagination n’est plus limitée par les développeurs, mais par la synergie de l’ensemble des utilisateurs…

    Une fois n’est pas coutume, le pape est venu à ma rescousse :
    “The image can also become independent from reality, it can give birth to a virtual world, with various consequences — above all the risk of indifference towards real life” – Benedict XVI

    Effectivement, à mon sens, vivre plus heureux dans un monde virtuel peut être “mieux” que de vivre moins heureux dans le monde réel. Cependant, si le virtuelle devient préférable au réel, alors le réel perd de son intérêt et les problèmes qu’il a ne nous concerne plus.
    D’une part, les problèmes des gens qui n’ont pas accès au virtuel sont oubliés par les adeptes du virtuel, et les inégalités se creusent.
    D’autre part, si les “virtunautes” (?) n’ont plus d’intérêt pour la planète Terre réelle, qu’en est il de sa protection et de notre devoir de réparer ce qui lui a été infligé?

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Auteur: Cédric Soubrié

Consultant en Expérience Utilisateur, je me suis spécialisé dans le tactile et la visualisation d'informations. Je donne également des cours pour promouvoir les méthodes de conception centrée utilisateurs. Voir mon profil LinkedIn.